Publié par :
Marie-Odile Pinet

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Jardin de Chine en hiver © Jardin botanique de Montréal (Michel Tremblay)

Ode au Jardin de Chine

Chose promise, chose due; la neige a bien tenu ses promesses!  Le Jardin de Chine s’est révélé sous un jour nouveau ! Le lac glacé couvert de son immense manteau blanc; les tuiles des toits recourbés, dont le gris n’est plus tout aussi uniforme; les branches des vieux pins arborant, telle une offrande, des monticules de flocons.

Depuis le début de l’hiver, les pavillons, comme déposés sur une brume éthérée, donnent l’impression de flotter, portés par une indéniable légèreté. Et, semblant dominer les neiges éternelles, la Montagne de pierre s’étire, rejoignant lentement les cieux.

Depuis la nuit des temps

Selon le taoïsme, les Immortels, des divinités dont le caractère est composé du mot « homme » et « montagne » – habitaient à l’origine les monts Kunlun dans l’ouest de la Chine. C’est pourquoi l’empereur Qin Shi Huangdi (221-207 av. JC) fit créer une montagne dans son jardin. Il espérait les attirer et ainsi apprendre leurs secrets de longévité. Dans notre hiver montréalais – dont on préfèrerait plutôt écourter la longévité ! – notre Montagne de pierre inspire et donne à méditer, remplissant ainsi pleinement le rôle qui lui fut attribué jadis par les lettrés.

Quand on pense que les jardins privés chinois sont un microcosme de la nature, quand on sait que leur essence même consiste à transporter la nature entre leurs murs, on se sent privilégié de constater que cette même nature descend elle-même du ciel, pour ajouter sa propre touche au tableau. Sans l’ombre d’une intervention humaine! En imposant sa présence, la neige nous ramène au rôle premier des jardins chinois : nous inviter à la contemplation, à une communion avec l’univers, à une inspiration artistique, à la promenade et la réflexion.

Notre jardin privé… public !

Si, à l’époque des Ming, le jardin, parce que privé, était le privilège des gens instruits et fortunés, il est à Montréal accessible à tous. Le Jardin de Chine invite, comme on le faisait à l’époque, à se mettre à l’abri, à se retirer, le temps de quelques bouffées d’air frais, du tumulte de la ville. L’hiver nous quittera dans quelques semaines, mais le chaud soleil du printemps est certainement une proposition à profiter des dernières minutes de cette ambiance onirique.

Marie-Odile Pinet est agent culturel au Jardin de Chine.

2 réponses à Ode au Jardin de Chine

  1. France Dupré dit :

    Wow, quel beau commentaire. Très inspirant, ça donne le goût d’aller voir par nous-même… ce que je ferai d’ici la fin de mars certainement. Merci!

  2. Lucie Rochette dit :

    Je ne traverserai plus le Jardin de Chine de la même façon. Très inspirant, merci!

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