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Mario Bonneau

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Acronicte d’Amérique (acronicta americana) - chenille © Bugwood (Joseph Beger)

Chenilles poilues : jolies, mais précautions requises!

Depuis la fin de l’été, l’équipe de l’Insectarium de Montréal a reçu de nombreuses demandes d’information concernant l’arrivée d’une chenille européenne, la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa). Celle-ci a même fait la manchette il y a quelques jours, car on l’accuse de causer de nombreux problèmes de santé très graves auprès de certains bébés l’ayant portée à leur bouche. Or cette chenille n’a toujours pas été observée au Québec, ni en Amérique du Nord.

Processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) - Chenilles © cc Wikimedia (Jean-Pol-GRANDMONT)

Processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) © cc Wikimedia (Jean-Pol GRANDMONT)

Les spécialistes de l’Insectarium aimeraient  ainsi rectifier certains faits concernant la processionnaire du pin et d’autres chenilles bien québécoises qui peuvent provoquer des réactions allergènes importantes chez certaines personnes si elles touchent leurs poils ou si elles mettent l’insecte dans leur bouche.

En général, même si la très grande majorité des chenilles ne représentent aucun danger, les chenilles poilues ou aux couleurs vives ne devraient pas être manipulées à moins de les connaître et de savoir qu’il n’y a pas de risque.

Moyens de défense contre les prédateurs

Afin d’éviter la prédation, certaines espèces de chenilles sont toxiques : leurs poils contiennent des composés chimiques qui rendent les prédateurs malades. Elles peuvent également cracher (régurgiter) ou sécréter divers acides par une glande située dans leur cou. D’autres sont urticantes.

Halysidote du caryer (lophocampa caryae) - chenille © cc Flickr (zooeyripka)

Halysidote du caryer (lophocampa caryae) - chenille © cc Flickr (zooeyripka)

Les chenilles urticantes sont des chenilles dont le corps est recouvert de touffes de poils qui contiennent des composés chimiques. Ces poils sont très fragiles et se brisent facilement libérant ces composés chimiques. Quand ils entrent en contact avec notre peau, ils provoquent diverses réactions allant d’une légère sensation de piqûre à la crise d’urticaire intense de plusieurs heures, voire davantage dans les cas extrêmes.

Toxique à différents degrés

Ces composés chimiques agissent quand la chenille est mangée, par conséquent, les toxines contenues dans ses poils sont encore plus puissantes si elles touchent des muqueuses. Si l’on porte l’une de ces chenilles à notre bouche ou que l’on inhale certains poils, on s’expose à des réactions plus sévères.

Il y a cependant des chenilles poilues et de couleurs vives qui sont totalement inoffensives, imitant des espèces urticantes ou toxiques connues des prédateurs.

Isia isabelle (pyrrharctia isabella) - chenille © CC Flickr (pverdonk)

Isia isabelle (pyrrharctia isabella) - chenille © CC Flickr (pverdonk)

Voici quelques exemples de chenilles urticantes québécoises: Automeris io, Acronicta americana (l’Acronicte d’Amérique), Euclea delphinii, Isa textula, Adoneta spinuloides, Lophocampa maculata (Halysidote maculée) et Lophocampa caryae (Halysidote du caryer) de la famille des Arctiidae.

D’autres espèces ne sont pas reconnues pour provoquer des réactions allergènes, mais des personnes plus sensibles pourraient quand même développer différents symptômes cutanés ou respiratoires : la chenille Pyrrharctia isabella, chenille orange rouille et noire, connue de tous, est une de celles-là.

Mario Bonneau est préposé aux renseignements entomologiques à l’Insectarium de Montréal – Espace pour la vie.

 

13 réponses à Chenilles poilues : jolies, mais précautions requises!

  1. Tony Amoroso dit :

    FAUX ! J’ai moi même vue exactement cette chenille au Québec de mes yeux vu !!! Même prêt à passer le détecteur de mensonge pour le prouver ! Cette chenille est au Québec Peut importe ce que dit l’insectarium de Montréal ! Croit-elle vraiment que quand un citoyen voit une chenille que le citoyen va l’appeler ??????

    • Fern dit :

      Il faudrait lire comme il faut M. Tony!
      « Or cette chenille n’a toujours pas été observée au Québec »
      N’a pas toujours été observée, voulant dire qu’avant il n’y en avait pas mais maintenant oui! Alors bravo, vous l’avez vue!

  2. Sylvie Pelletier dit :

    Cette chenille quoi que rare, je ne l’ai pas vue souvent, mais mon fils qui est âgée de 22 ans, après avoir joué avec une chenille jaune avec des grands pics noirs (deux)? (en ville, Rosemont-La-Petite-Patrie) a été obligé d’aller à l’hôpital, enflure de la main, etc…Il avait environ 8 ans. Depuis ce temps, j’en ai vu une autre à la campagne (Saint-Norbert).

  3. josée dit :

    Merci de nous informer; sachez monsieur Tony que les gens de l’insectarium tentent, avec les meilleures intentions possibles, de nous renseigner alors pourquoi leur répondre d’une façon si directe comme si ils étaient en ligne pour nous mettre dans l’erreur??? Ça vaut le peine d’y réfléchir ne croyiez-vous pas!

  4. m.l dit :

    simple et comme dirais le caporal rico  » bruler moi tout ces bestioles  »

  5. Louise St-Colomban dit :

    Bonjour à vous,

    Effectivement nous avons aussi vu cette chenille jaune et pics noirs que nous trouvions tous belle pour la voir la première fois, et ma cadette de nous dire de ne pas la toucher car elle est dangeureuse Dieu merci il y en avait une de la famille qui le savait.

    Donc de toute façon nous nous abstiendront dorénavant d’en prendre une dans nos mains quelqu’elles soient.

    Bonne journée
    St-Colomban

    • Marie-Michèle dit :

      Bonjour! Il faut savoir que la chenille processionnaire n’est pas la chenille jaune, mais bien les petites chenilles gris-brun (première en haut dans les photos à droite, vous voyez? Il est écrit juste en dessous…). J’en conviens, mauvais choix dans la photo principale, étant donné le sujet, mais faut quand même regarder…

      • Jafleur dit :

        Je pense que Louise faisait référence à la chenille jaune dont Sylvie Pelletier parlait dans son commentaire et pas à la chenille processionnaire dont il est question dans l’article. ;)

  6. Mario Bonneau dit :

    La processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) n’a pas encore été répertoriée au Québec. Il est très difficile d’identifier un insecte, surtout une larve, à partir de photos, surtout pour un groupe aussi diversifié que les lépidoptères.

    Si cette espèce se trouvait réellement sur notre territoire, quiconque s’intéresse aux papillons (entomologistes amateurs et professionnels) et qui aurait vu cette espèce aurait très certainement partagé l’information, pour l’avancement de la science et la connaissance de la faune entomologique du Québec.

    Sans spécimen, malheureusement, on ne peut affirmer la présence de cet insecte sur notre territoire.

    • Julie dit :

      J’ai comme une invasion de la fameuse chenille jaune à poils noirs chez moi. Que dois-je faire pour m’en débarrasser? Elle est en train de grignoter mes lithrums et, par ailleurs, j’ai deux très jeunes enfants et ça m’inquiète beaucoup. Dois-je faire venir un spécialiste ou y a-t-il des moyens efficaces et sûrs de s’en débarrasser soi-même? Pour le moment, j’ai vaporisé de l’eau savonneuse sur toutes mes plates-bandes et mon jardin et j’ai tué quelques spécimen en prenant des gants en caoutchoux et en nettoyant à grande eau la surface ou je les ai écrasés, mais ça pullule. Merci d’avance!

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