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Daniel Sauvageau

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Quand les mascottes vont aux Olympiques

Pourquoi parler des Jeux olympiques en ce moment? Les derniers Jeux n’ont-ils pas eu lieu à Londres en 2012? Au Québec, on vit actuellement une accalmie interolympique transitoire, mais au Brésil, il en va tout autrement! L’effervescence précédant les Jeux est en plein essor et tout devrait aller en s’accélérant, jusqu’en 2016.

Une espèce menacée comme choix de mascotte olympique?

Dans les médias sociaux brésiliens, les débats sont ouverts sur le choix de la prochaine mascotte olympique. Ce qui a retenu mon attention, c’est le type de mascotte qui semble avoir la faveur du public. Les Brésiliens pencheraient nettement vers une mascotte issue de la faune nationale et, comme on s’en doute, les riches écosystèmes tropicaux du Brésil ne manquent pas de candidats potentiels! Qui plus est, un grand nombre de ces candidats sont des espèces menacées d’extinction.

De l’ara bleu au dauphin d’eau douce d’Amazonie

Campagne pour faire du tamarin-lion doré la mascotte des jeux de Rio de 2016 © Associação Mico-Leão-Dourado

Campagne pour faire du tamarin-lion doré la mascotte de Rio 2016 © Associação Mico-Leão-Dourado

Pour le titre convoité de mascotte, plusieurs candidatures ont été considérées, de l’ara bleu au dauphin d’eau douce de l’Amazonie. Les deux candidats qui semblent actuellement retenir l’attention sont le tamarin-lion doré (Leontopithecus rosalia) et le singe-araignée laineux (Brachyteles arachnoides), aussi connu sous le nom de muriqui. Ces deux espèces sont représentatives de la forêt Atlantique, une forêt en grande partie tropicale qui s’étendait le long de la côte brésilienne et dont la superficie est aujourd’hui considérablement réduite, puisqu’elle ne couvre plus que 7 % du territoire.

Pour ma part, je connais très bien le tamarin-lion doré car c’est l’un des habitants de la forêt tropicale du Biodôme. J’ai également eu l’occasion d’aller au Brésil, pour assister au travail effectué par l’équipe de l’Associação Mico-Leão-Dourado (Association tamarin-lion doré) dans le but de réhabiliter cette espèce et son habitat naturel. Le tamarin-lion doré ne se retrouve que dans l’État de Rio de Janeiro, justement là où auront lieu les Olympiques de 2016.

J’avoue que je ne connaissais à peu près rien du muriqui, l’autre candidat en lice. J’ai découvert que ce singe possède des qualités qui méritent d’être connues. C’est un animal sociable et chaleureux, à l’image du peuple brésilien lui-même.

Fuleco, une mascotte écologique pour la Coupe du monde?

Les Jeux olympiques de 2016 auront bientôt leur mascotte; entre-temps, un autre événement de portée internationale se tiendra au Brésil l’an prochain : la Coupe du monde de football 2014. Dans ce cas, une autre espèce menacée brésilienne a été choisie comme mascotte : il s’agit du tatou à trois bandes, un petit tatou des régions arides du Nordeste brésilien. Cette mascotte a été nommée Fuleco, une contraction des mots futebol et ecologia, un message on ne peut plus clair…

Un espoir pour la biodiversité du Brésil?

Est-ce une illustration de la prise de conscience des Brésiliens sur l’importance de la foisonnante biodiversité de leur pays? Malgré le fort développement économique actuel du Brésil, y aurait-il encore un attachement profond des Brésiliens à la nature et à la vie qui perdurerait? J’ose y voir un espoir pour les générations futures. Un espoir pour l’avenir du Brésil et peut-être même, un exemple à suivre pour l’humanité toute entière.

Toutes ces campagnes de sélection auront eu l’avantage de faire découvrir des espèces dont on entend peu parler en temps normal. Ces espèces méritent d’être mieux connues, car le soutien populaire est essentiel à leur survie. Pour l’instant, le débat se déroule toujours à l’intérieur des frontières du Brésil. Espérons que les gens des quatre coins de la planète se sensibiliseront bientôt au sort de ces animaux et réaliseront les enjeux environnementaux qu’ils représentent!

Pour en savoir plus

Daniel Sauvageau est naturaliste scientifique au Biodôme de Montréal.

 

2 réponses à Quand les mascottes vont aux Olympiques

  1. karine dit :

    Merci pour ce blogue d’actualité très intéressant. Si les jeux olympiques peuvent aider les gens à mieux comprendre les enjeux reliés à la biodiversité de notre planète, chapeau!

  2. Stéphane dit :

    Bravo Daniel!

    Comme le disais Karine, si les jeux olympiques peuvent servir à faire connaître les espèces en voie de disparition,
    ils auront gagnés une belle médaile d’or!

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